Le luxembourgeois, une langue minoritaire?
On ne peut pas aborder le problème de la langue sans se ramener à ce point majeur qu'une langue représente une communauté, un groupe humain qui la parle spontanément et quotidienne. La langue est le support d'un discours, ce avec quoi un groupe communique, mais surtout ce avec quoi il exprime « sa » réalité du monde. Comme le disait Mead : « La société se construit sans cesse à travers la dynamique des actes sociaux et des échanges entre personnes ». La langues es un fait social et non un organisme vivant, elle émane de la communauté social et à l'inverse c'est elle qui vise à élaborer la communauté social.
Dans de nombreux cas ce qui est « parlé » au jour le jour ne correspond pas à la norme. Lorsque l'État commence à légiférer sur la langue il pose comme principe qu'il lui appartient de déterminer des faits de cette vision du monde partagé, de prendre position sur la communauté. Mais ce qui défini une société n'est pas définissable à priori et souvent la langue normé correspond pas à la langue utilisé.
Mais qu'est-ce qu'une langue minoritaire?
Il faut d'abord s'affranchir d'un certain nombre de préjugés. On peut observer que la plupart des oeuvres littéraires française du XIXième on fait apparaître ces langues régionales comme des parlers. La catégorie de parlers vise un langage archaïque, rural, éclaté dans des variantes différentes et où il est nullement question de les considérer comme langue. Mais en Italie le discours est tout à fait un autre à cette époque. En Italie on qualifiait de langue les dialectes d'origine grecque ou albanaise. On s'aperçoit donc que la détermination des langues dites minoritaires est arbitraire.
Que peut-on donc appeler langue minoritaire?
Selon l'article 1 de la charte européenne des langues régionales ou minoritaires on définit comme langue minoritaire ou régionale :
- A. par l'expression «langues régionales ou minoritaires», on entend les langues:
- I. pratiquées traditionnellement sur un territoire d'un Etat par des ressortissants de cet Etat qui constituent un groupe numériquement inférieur au reste de la population de l'Etat;
- II. et différentes de la (des) langue(s) officielle(s) de cet Etat
elle n'inclut ni les dialectes de la (des) langue(s) officielle(s) de l'Etat ni les langues des migrants;
- B. par «territoire dans lequel une langue régionale ou minoritaire est pratiquée», on entend l'aire géographique dans laquelle cette langue est le mode d'expression d'un nombre de personnes justifiant l'adoption des différentes mesures de protection et de promotion prévues par la présente Charte;
- C. par «langues dépourvues de territoire», on entend les langues pratiquées par des ressortissants de l'Etat qui sont différentes de la (des) langue(s) pratiquée(s) par le reste de la population de l'Etat, mais qui, bien que traditionnellement pratiquées sur le territoire de l'Etat, ne peuvent pas être rattachées à une aire géographique particulière de celui-ci.
But de cette charte :
✗ unifier les membres et ainsi sauvegarder et promouvoir des idéaux et principes
✗ protection des langues régionales et minoritaires et ainsi maintenir la richesse culturelle et historique de l'Europe
✗ le droit indélébile de pratiquer une langue
Les membres de la charte veulent souligner la valeur de l'interculturel et du plurilinguisme : ils considèrent que la protection et l'encouragement des langues régionales ou minoritaires ne devraient pas se faire au détriment des langues officielles et de la nécessité de les apprendre.
Les pays membres sont conscients que la protection des langues contribuent à une construction d'une Europe fondée sur les principes de la démocratie et da la diversité culturelle.
Selon cette définition de la charte européenne, le luxembourgeois n'est donc pas une langue régionale ou minoritaire. Rare sont les pays du monde où, comme au Luxembourg, la population utilise sur tout le territoire et dans différents domaine de la vie privée, professionnelle, social, culturelle et politique, plusieurs langues, écrites et orales. On pourrait parler ici de la Suisse et de la Belgique, deux pays qui sont officiellement pas unilingue. Dans ces deux pays dans certaine région la langue parlé de la population n'est pas la même que la langue officielle. De même le gaélique en Irlande, le basque en Espagne. On peut s'interroger sur la statut de des langues : ce sont des langues minoritaires ou non? Dans certain pays elles ne sont pas qualifier de langue minoritaire, mais comme langues régionales.
Mais dans toute ces régions la langue en question n'est pas la langue national et officielle du pays, comme c'est le cas pour la luxembourgeois. Le luxembourgeois ne peut donc pas être considérer comme langue minoritaire au sens stricte. Mais le luxembourgeois est une langue parlé de très peu de personnes (environ 300.000) et des statistiques récentes on démontré que le luxembourgeois tend à disparaître, vu que le taux d'immigration et le taux de natalité des immigrants est nettement supérieur au taux de natalité des Luxembourgeois de souche.
Le Luxembourg a d'ailleurs ratifié la charte le 22. juin 2005. Le pays reconnaît trois langues comme officielles: l'allemand, le français et le luxembourgeois. Le multilinguisme se trouve inscrit dans la loi depuis 1984 : le luxembourgeois y est défini comme langue nationale, le français comme langue de législation, alors que le français, l'allemand et le luxembourgeois ont en commun le statut de langue administrative et judiciaires. Ce trilinguisme est essentiellement le fait des Luxembourgeois de souche. Mais au Luxembourg 50% de la population est constitué d'étrangers et de travailleurs frontaliers. Pour ce petit pays il est important de préserver sa langue, car elle est un des atouts majeurs pour une identité collective luxembourgeoise. Cette conservation de la langue luxembourgeoise passe par l'adoptation de cette langue par la population étrangère. La langue apparaît comme un marqueur d'appartence social, avec une fonction identitaire de reconnaissance et d'intégration.